26 Mai 2012    

La lettre de mai 2009

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[STRATÉGIE] Oracle voit l’informatique des DSI comme une filière intégrée

Dossier - la lettre de mai 2009

DEVANCANT IBM, LE SECOND EDITEUR MONDIAL A RACHETE SUN MICROSYSTEMS POUR 7,4 MILLIARDS DE DOLLARS.  Les DSI sont troublés. Le récent rachat de Sun par Oracle témoigne d’une période difficile. La nouvelle entité couvrira tous les besoins d’administration de l’informatique d’entreprise : serveurs, bases de données, systèmes d'exploitation, stockage, outils de programmation, applicatifs. Mais comment se passera cette intégration ? Tous ces mondes feront-ils bon ménage ?

Hubert d’Erceville, Guide Informatique
A qui les DSI doivent-ils se fier ? A leurs yeux, l’univers informatique devient trouble. L’annonce de la reprise de Sun Microsystems par Oracle les a partagés en deux catégories distinctes. Les uns, les plus optimistes qui généralement sont clients d’Oracle, sont indifférents. A leurs yeux, l’intégration de la filière informatique (matériel, logiciel, intégration, service) au sein d’un fournisseur unique est une bonne chose. Cela va dans le sens de la rationalisation et donc de la réduction des prix. Les autres, les DSI de la seconde catégorie sont inquiets. La concentration réduit le nombre de fournisseurs, donc influe sur la concurrence, et par voie de conséquence débouche sur des politiques tarifaires en hausse. Qui a raison ? Pas facile de trancher, surtout quand il faut faire face à des stratégies très complexes et risquées à mettre en avant. Surprenantes aussi puisque deux semaines auparavant, c’est IBM qui discutait avec Sun en vue d'une acquisition. Le trouble des DSI prend forme.

L’activité est-elle encore viable en Occident ?

Les experts s’en souviennent bien. En 2006 l’un d’entre eux avait estimé que la politique de Scott McNealy conduirait Sun à sa disparition, ou sa vente « avant cinq ans ». L’annonce avait alors fait scandale et la communauté des consultants s’était désolidarisée de son confrère. En représailles, le constructeur californien avait suspendu tous ses contrats avec l’indélicat. Trois ans après, force est de constater qu’il avait raison. Pire : même si le montant de la transaction atteint un niveau record de 7,4 milliards de dollars (5,7 milliards d'euros), cette cession témoigne de l’échec d’une stratégie. Pas seulement celle de Scott McNealy, mais de l’ensemble de la communauté des constructeurs de matériel. Avec comme question centrale : cette activité est-elle encore viable en Occident ? Les difficultés rencontrées par Dell, la cession du pôle PC d’IBM à Lenovo, la déconfiture du fleuron SGI (Silicon Graphics) cédé à Rackable Systems pour un petit 25 millions de dollars, incitent à répondre non. Le trouble des DSI devient alors réel.

30 milliards de dollars pour reprendre Siebel, BEA, PeopleSoft, Hypérion

Pour Oracle, c’est la première incursion dans le secteur du matériel. Depuis cinq ans, l’éditeur a beaucoup dépensé dans des acquisitions lourdes dans le progiciel. Il a investit plus de 30 milliards de dollars pour reprendre Siebel, BEA, PeopleSoft, Hypérion et prendre la seconde place derrière Microsoft. Avec Sun, Oracle devient le quatrième vendeur de serveurs au monde. Il pourra fournir et administrer l'ensemble de l’informatique d’entreprise : des serveurs, des bases de données, des systèmes d'exploitation, du stockage, des outils de programmation, des applicatifs. Un positionnement qu’IBM a progressivement gommé et que HP n’a jamais voulu prendre. Où est donc la sagesse ? Le trouble des DSI est pratiquement à son maximum.

Les ingénieurs Sun, Java ou MySQL s’entendront-ils avec ceux d’Oracle

Dans l’escarcelle du rachat, Oracle met aussi la main sur quelques pépites acquises ou créées par Sun. Il en est ainsi du langage de programmation Java, le plus utilisé actuellement dans les applications mobiles ou internet. Il en est aussi de la base de données Open Source MySQL que le constructeur avait acquise, avec d’autres applications libres, dans les années passées. L’inquiétude des DSI est alors légitime. Avec comme question principale : comment se passera l’intégration ? Les deux mondes feront-ils bon ménage ? Les ingénieurs débridés de Sun s’entendront-ils avec les directeurs du marketing d’Oracle, les commerciaux de la base de données accepteront-ils les trublions de MySQL qui leur ont déjà raflé tant de gros marchés, les développeurs de Java se feront-ils aux politiques variantes du nouveau conseil d’administration ? La réponse viendra à l’épreuve des faits. Dans quelques années. Une seule chose est sure, dans ce genre de grande fusion, 1+1 n’a jamais fait 2. HP, après avoir digéré Digital et Compaq, le sait bien.

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